« DES PÈLERINS ATTENDUS SUR CETTE TERRE » Le pape François à la COP28
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Du 30 novembre au 13 décembre 2023, la Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Cop28) s’est réunie à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Le thème des émissions de gaz à effet de serre et l’examen des engagements pris par les États pour réduire les émissions dont ils sont responsables ont été au centre des événements et des discussions prévus lors de la conférence. En particulier, les États signataires de la Convention-cadre ont été appelés à faire le point sur les progrès réalisés depuis la Cop21 de 2015, c’est-à-dire les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris. Cet examen visait à définir de nouvelles politiques pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 2° C et éventuellement se rapprocher de l’objectif de 1,5° C. L’accord obtenu, au terme de longues négociations et de compromis difficiles, semble justifier un optimisme prudent. La responsabilité incombe désormais aux États individuels, qui sont garants des mesures concrètes à prendre sans plus tarder.

Le pape François avait prévu de participer à la Cop28 du 1er au 3 décembre, mais pour des raisons de santé, il a dû renoncer à ce qui aurait été son 45e voyage apostolique. Le Pape n’a cependant pas voulu manquer de s’exprimer à l’occasion d’un événement aussi important. C’est donc le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, qui s’est fait le porte-parole de François en lisant ses discours.

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CONTRE LA CONSCIENCE MALHEUREUSE EN CHRISTIANISME Irénée, Hilaire, Césaire
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L’ensemble de la doctrine de la foi est la somme de toutes les inventions des chrétiens en butte aux assauts divers et variés, internes et externes, subis au cours des siècles. Il se constitue ainsi dès le début. Ainsi, les Pères grecs, Athanase (295-373), Basile (330-379), Grégoire de Nazianze (329-390), Grégoire de Nysse († 394) mettent en lumière, contre l’arianisme, la Trinité des Personnes et leur égalité éternelle et actuelle à travers l’incarnation du Fils.

Tout en participant à leur combat, les Pères latins ont eu à affronter de plein fouet le côté anthropologique de la foi dans le redoutable problème de la grâce et de la liberté humaine, agité par le moine breton Pélage (autour de 350-430), relayé par l’évêque Julien d’Éclane (autour de 380-420). La lutte ici est dominée par la figure d’Augustin (354-430), qui y consuma ses dernières forces, sans parfaitement dominer ses contradicteurs. En particulier, en face de l’obstination de Julien, il durcit les données scripturaires de la prédestination, du péché originel et de la concupiscence.

Aucune des controverses ne s’éteint jamais totalement. En Orient, celles-ci se sont développées plutôt du côté des Icônes (Jean Damascène, † avant 754). En Occident, l’influence d’Augustin et le relatif échec de sa démarche en ce domaine précis de la grâce en l’homme libre favorisent le rebondissement de siècle en siècle de la question. C’est là que s’inscrit l’importance d’une autre tradition en ce même Occident latin. Nous allons y revenir. Auparavant, retrouvons la controverse majeure de l’Occident et son devenir. Par le raidissement de ses positions sur la grâce et la nature, quels qu’aient été les aspects parfaitement positifs de son enseignement, Augustin, et surtout ses successeurs ont sécrété l’augustinisme comme une mauvaise conscience de l’Occident au cœur de ses indéniables réussites ou, pour employer l’expression récapitulative de toute cette histoire due au philosophe F.W. Hegel (1770-1831), comme une « conscience malheureuse ».

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