2BN3F6W Christianity, Islam, Judaism 3 monotheistic religions. Jewish Star, Cross and Crescent : Interreligious symbols.
En 2025, l’Église célèbre le soixantième anniversaire du concile Vatican II et de la déclaration sur ses relations avec les religions non chrétiennes, Nostra aetate. Si, jusqu’alors les non-chrétiens avaient été considérés comme égarés dans la superstition et l’ignorance, Nostra aetate marqua le début d’une approche promouvaant le dialogue permanent comme partie intégrante du témoignage catholique rendu à la vérité de la foi chrétienne. L’élaboration du document porte l’empreinte de la rencontre entre le jésuite allemand Augustin Bea, nommé par le pape président du Secrétariat pour la promotion de l’unité des chrétiens, et Maximos IV Saigh, patriarche d’Antioche des Melkites. Le dialogue contemporain entre l’Église catholique et le peuple juif garde la trace des perspectives qu’ils élaborèrent au moment où l’Église commençait à formuler une position qui affirmait à la fois le dialogue avec les juifs et la conscience du sort tragique des Palestiniens.
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La solution des « conflits et malentendus » dans la relation entre l’Église catholique et le peuple juif sera considérablement facilitée lorsque les juifs israéliens et les Arabes palestiniens sauront trouver une manière de coexister dans des conditions d’égalité, de justice et de paix. Paul VI, dans son message de Noël de 1975, lança un appel en ce sens : « Bien que conscients des tragédies récentes qui ont poussé le Peuple juif à rechercher une sauvegarde sûre et protégée dans un État souverain et indépendant, […] nous voudrions inviter les fils de ce Peuple à reconnaître les droits et les aspirations légitimes d’un autre Peuple, qui a lui aussi longuement souffert, le peuple palestinien »[36]. Tous les pontifes successifs ont repris à plusieurs reprises cet appel.
© Éditions Parole et Silence | La Civilta Cattolica, 2025 – LCCfr n. 0425
L’élaboration de Nostra aetate, la déclaration du Concile Vatican II sur l’attitude de l’Église envers les membres d’autres religions, a été profondément influencée par la rencontre entre le jésuite Augustin Bea, nommé par le pape Jean XXIII président du Secrétariat pour la promotion de l’unité des chrétiens, et Maxime IV Saigh, patriarche melkite d’Antioche, profondément troublé par les réalités tragiques de la Terre sainte et du Moyen-Orient depuis 1948. Le dialogue contemporain entre l’Église catholique et le peuple juif s’appuie sur les perspectives élaborées par les Pères conciliaires : lorsque l’Église a formulé une position affirmant, d’une part, la lutte contre l’antisémitisme et le dialogue avec les Juifs et, d’autre part, l’engagement en faveur de la promotion de l’égalité, de la justice, de la paix en Terre sainte, en insistant sur les droits des Palestiniens.
[1] J. Isaac, «Notes about a crucial meeting with John XXIII», in Council of Centers on Jewish-Christian Relations (ccjr.us/dialogika-resources/documents-and-statements/jewish/isaac1960), 13 giugno 1960.
[2] A. Bea, La Chiesa e il popolo ebraico, Brescia, Morcelliana, 2015, 7.
[3] Cf. J. Borelli, «Correcting the Nostra Aetate Legend: The Contested, Minimal, and Almost Failed Effort to Embrace a Tragedy and Amend Christian Attitudes Toward Jews, Muslims, and the Followers of Other Religions», in K. Ellis (ed.), Nostra Aetate, Non-Christian Religions and Interfaith Relations, Cham, Palgrave Macmillan, 2021, 31.
[4] On trouve des exemples de cette catégorisation dans l’importante histoire du Concile de G. Caprile (ed.), Il Concilio Vaticano II: Cronache del Concilio Vaticano II. Quarto Periodo, Roma, La Civiltà Cattolica, 1965, 277 s.
[5] Un exemple de cette position, le livre de A. Melloni, L’altra Roma. Politica e S. Sede durante il Concilio Vaticano II (1959-1965), Bologna, il Mulino, 2000, 310-318.
[6] Cfr P. Doria, Il contributo del patriarca Maximos IV Saigh e della Chiesa greco-melchita al Concilio Vaticano II, Todi (Pg), Tau, 2023.
[7] Cf, MAXIMOS IV, «Chapter 14: The Church and Other Religions», in L’Église Grecque Melkite au Concile, Rabweh, Dar al-Kalima, 1967; traduzione inglese e presentazione di R. TAFT (melkite.org/faith/faith-worship/chapter-14).
[8] Ibid.
[9] Ibid.
[10] Cité dans S. Shofani, The Melkites at the Vatican Council II: Contribution of the Melkite Prelates to Vatican Council II, Bloomington, AuthorHouse, 2005, 106 s.
[11] K. Rahner, «Towards a Fundamental Theological Interpretation of Vatican II», in Theological Studies 40 (1979/4) 717.
[12] Les contacts juifs de Bea annoncèrent qu’ils nommeraient un fonctionnaire civil israélien, Chaim Wardi, comme référent auprès de l’Église à Rome, avec l’accord du gouvernement israélien. Cette décision suscita l’indignation tant au Vatican qu’au Moyen-Orient. Elle eut pour conséquence le retrait du document sur les juifs de l’ordre du jour de la première session du Concile.
[13] Paolo VI, s., Allocuzione nel solenne inizio della seconda sessione del Concilio Ecumenico Vaticano II, 29 settembre 1963
[14] A. Bea, La Chiesa e il popolo ebraico, cit., 141
[15] Maximos IV, «Chapter 14: The Church and Other Religions», cit
[16] A. Bea, La Chiesa e il popolo ebraico, cit., 22.
[17] Paolo VI, s., Enciclica Ecclesiam Suam, 6 agosto 1964, n. 111.
[18] Maximos IV, «Chapter 14: The Church and Other Religions», cit.
[19] Cfr «Liban – Chronique», in Proche-Orient Chrétien, 14 (1964) 368.
[20] S. Shofani, The Melkites at the Vatican Council II, cit., 107.
[21] A. Bea, La Chiesa e il popolo ebraico, cit., 147.
[22] Ibid. 152
[23] Ibid. 153
[24] Reproduit dans Proche-Orient Chrétien, 14 (1964) 393-396.
[25] Maximos IV, «Chapter 14: The Church and Other Religions», cit
[26] Cf. «Una Lettera del Santo Padre ai Patriarchi con sede nei Paesi Arabi», in L’Osservatore Romano, 6 gennaio 1965.
[27] Acta synodalia Sacrosancti Concilii Oecumenici Vaticani II, V/3, 319 (archive.org/details/ASV.3/page/318/mode/2up?view=theater).
[28] C. Stackaruk, «Retrieving MENA Catholics’ Contributions to Nostra Aetate», tesi di dottorato, University of St. Michael’s College, 2022, 193.
[29] On trouvera un récit fascinant et opportun du rôle de Maxime IV dans P. DORIA Il contributo del patriarca Maximos IV Sajgh…, cit., 75-103.
[30] Cf. J.-J. Pérennès, Georges Anawati (1905-1994): Un chrétien égyptien devant le mystère de l’Islam, Paris, Cerf, 2008.
[31] A. Bea, La Chiesa e il popolo ebraico, cit., 160.
[32] Ibid. 155
[33] Paolo VI, s., Decreto sulle Chiese cattoliche orientali Orientalium Ecclesiarum, 21 novembre 1964, n. 30.
[34] Dicastero per la promozione dell’unità dei cristiani, Sussidi per una corretta presentazione degli ebrei e dell’ebraismo nella predicazione e nella catechesi della Chiesa cattolica, 1985 (https://tinyurl.com/bdshvbcb).
[35] Leone XIV, Discorso ai rappresentanti di altre Chiese e comunità ecclesiali e di altre religioni, 19 maggio 2025.
[36] Paolo VI, s., Discorso al Sacro Collegio e alla Prelatura romana, 22 dicembre 1975, in www.vatican.va
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