R8MRR6 Gaza City, Gaza Strip, Palestinian Territory. 16th Dec, 2018. The acting Latin Patriarch of Jerusalem Pierbattista Pizzaballa arrives to lead a mass at the Holy Family Church in Gaza City December 16, 2018 Credit: Ashraf Amra/APA Images/ZUMA Wire/Alamy Live News
Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a publié sa première lettre pastorale le 25 avril 2026, près de dix ans après sa nomination, par le pape François, à la tête du diocèse de Jérusalem. Intitulée « Ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ». Une proposition pour vivre la vocation de l’Église en Terre Sainte[1], elle offre des paroles d’espérance dans une Terre Sainte accablée par le désespoir. Né près de Bergame le 21 avril 1965, Pizzaballa est arrivé à Jérusalem en 1990 comme frère franciscain. Il a été Custode franciscain de Terre Sainte de 2004 à 2016 et, de 2005 à 2008, Vicaire patriarcal pour les catholiques de langue hébraïque en Israël.
La nomination de Pizzaballa à la tête du diocèse de Jérusalem en a surpris plus d’un. Le premier patriarche latin autochtone, le Palestinien Michel Sabbah, avait été nommé en 1987 par Jean-Paul II. Il dirigea le diocèse jusqu’en 2008. Ses années de ministère furent marquées par des troubles, mais aussi par des promesses de paix : la première révolte palestinienne contre l’occupation israélienne, le « processus de paix » qui s’ensuivit, culminant dans la signature des accords israélo-palestiniens, puis son enlisement, qui conduisit à la seconde révolte palestinienne. Sabbah fut le premier patriarche dans l’Église de l’après-Concile Vatican II, un homme de dialogue et d’engagement social. Il sensibilisa l’opinion publique à la tragédie en cours du peuple palestinien et se fit le défenseur convaincu de ses droits, demandant la fin de l’occupation et des discriminations israéliennes, promouvant l’égalité, la justice et la paix. Le Jordanien Fouad Twal lui succéda, de 2008 à 2016.
Le 24 juin 2016, le pape François a nommé Pizzaballa administrateur apostolique sede vacante du patriarcat latin de Jérusalem, en remplacement du patriarche Twal, démissionnaire pour raison de limite d’âge. Tant en raison du rôle assumé que parce qu’il était un étranger désigné après deux prélats autochtones, Pizzaballa a été généralement considéré comme une figure de transition, dans l’attente qu’un candidat local soit trouvé. Opinion qu’il semblait lui-même partager durant les premières années de son ministère.
This article is reserved for paid subscribers. Please subscribe to continue reading this article
Subscribe
Après avoir esquissé cette vision active et positive de l’Église, le Patriarche observe : « Il ne s’agit pas d’un optimisme naïf ni d’une attitude qui ignore la dureté de la réalité. La confiance chrétienne naît de la foi et c’est un choix à contre-courant. C’est la certitude que Dieu n’a pas abandonné l’histoire au chaos et qu’il reste proche de celui qui souffre, de celui qui est persécuté, de celui qui est rejeté. C’est la conviction qu’une vie dépensée et donnée par amour n’est jamais perdue. » Pizzaballa promeut une ouverture qui est au cœur de cette vision ecclésiale. L’Église est appelée à accueillir tout le monde : « Accueillir signifie regarder l’autre — quel qu’il soit — non comme un étranger à tolérer, mais comme un don. Cela signifie se laisser interroger par sa différence, se laisser enrichir. Cela signifie sortir de la logique du “nous” et “eux” pour entrer dans celle de l’unique “nous” qui inclut. »
*
Le Patriarche conclut cette longue et dense lettre pastorale par une prière : « Portons dans notre cœur le rêve de Dieu pour sa ville, et laissons ce rêve devenir, pas après pas, jour après jour, notre vie même. » Insistant sur la nécessité de faire entendre sa voix, il se demande : « Comment dire une parole de vérité sans créer de nouvelles barrières et de nouvelles victimes ? C’est une question qui m’accompagne chaque jour, à laquelle il n’est jamais facile de répondre. »
Dans une région qui a vu couler bien trop de sang, ses paroles cherchent à ouvrir des horizons nouveaux, en suggérant de nouvelles manières de se regarder mutuellement. Il faut espérer qu’elles ne tomberont pas dans le vide, mais qu’elles seront accueillies et méditées par tous ceux qui ont à cœur un avenir Meilleur.
© Éditions Parole et Silence | La Civilta Cattolica, 2026 – LCCfr n. 0226
Cet article présente la récente lettre pastorale du cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem. Publiée le 25 avril 2026 et intitulée « Ils sont retournés à Jérusalem avec une grande joie », elle propose une réflexion sur la vocation de l’Église en Terre sainte, dans le contexte de la tragédie du conflit israélo-palestinien. L’article en présente non seulement les éléments essentiels, mais les situe également dans le contexte du ministère de son auteur et de l’Église qu’il sert.
[1] Le texte de la lettre pastorale est disponible sur lpj.org/fr/news/letter-to-the-diocese
Du 6 au 12 juin, le pape Léon XIV a accompli son quatrième voyage apostolique,…
Le 14 mars 2026 est décédé, à l’âge de 96 ans, Jürgen Habermas (né le…
Cette année marque les 800 ans du « bienheureux transitus » de saint François d’Assise, survenu le…
Les documents du Concile Vatican II figurent parmi les textes les plus invoqués de la…
Du 6 au 12 juin, le pape Léon XIV sera en Espagne pour son quatrième…
L’étonnement de la Parole Le caractère inassimilable du pape François est proportionnel aux Écritures bibliques…