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DÉSÉQUILIBRE DU GOÛT ÉVANGÉLIQUE. François au peuple de Dieu en Allemagne

L’Église allemande est dans une phase de préparation pour son chemin synodal[1], et le pape François a voulu partager, avec sa lettre[2], l’inquiétude de ses frères et sœurs « pour l’avenir de l’Église en Allemagne ».

Dans notre article, plutôt que de commenter la lettre du Pape, nous nous limiterons à mettre en lumière quelques points de style et de contenu qui peuvent aider à faire une lecture contextualisée et fructueuse.

La lettre est écrite en espagnol, dans le style fraternel et simple de François. C’est une lettre tout à fait personnelle : 13 paragraphes de longueur différente, numérotés en succession, dans lesquels le Pape exprime sa pensée avec concision, puis fait un pas en avant, en reprenant – sous forme de petits résumés – les fils qui s’entrelacent dans son message.

Comme pasteur de toute l’Église, qui a la mission de marcher tantôt devant, tantôt derrière, et parfois au milieu du troupeau, en ce moment particulier, il veut clairement se mettre « aux côtés » de l’Église allemande. Le Pape écrit : « Je voudrais offrir mon soutien, être plus proche de vous, pour marcher à vos côtés et encourager la recherche pour répondre avec parresia à la situation actuelle ».

Les défis auxquels l’Église allemande doit faire face en rapport avec des questions telles que le populisme, la morale sexuelle, le célibat des prêtres et la diminution de la pratique sacramentelle relèvent du domaine public.

 

Partir de l’Esprit, avec le peuple comme interlocuteur

La lettre du Pape fait allusion à beaucoup de ces thèmes mais va encore plus loin : il veut encourager tout le peuple de Dieu – laïcs et pasteurs – à trouver un bon point de départ, fruit du discernement, pour accompagner leur chemin synodal. François aime le peuple allemand et sa culture, et il sait que l’essentiel se joue entre grâces et tentations. C’est pourquoi il encourage tous à ne pas partir « de nous-mêmes » (n° 12), mais du Seigneur et de l’Esprit, qui font irruption dans la vie de l’Église et nous permettent toujours de recommencer.

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Diego Fares SJ

Auteur à La Civilta Cattolica.

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