0124

TOBIE : LE LIVRE DES FRÈRES ET DE LA SOLIDARITÉ

Le livre de Tobie est l’un des sept livres deutérocanoniques de l’Ancien Testament[1]. L’Église l’a reçu dans le canon avec une certaine résistance, car les Juifs l’ont rejeté en le supprimant de la liste des livres sacrés. La raison est apparue au fil du temps : les deutérocanoniques présentent des originalités par rapport à la Torah, car ils ont une orientation vers la nouveauté qui émerge de l’héritage juif de l’Écriture. Ils apportent un accomplissement à la révélation de l’Ancien Testament, ouvrant en même temps vers un au-delà, vers le mystère qui est pour nous aujourd’hui un précieux héritage : et c’est le mystère pascal, la mort et la résurrection de Jésus et le don du Saint-Esprit[2]. Selon certains auteurs, le livre de la Sagesse, le dernier des livres deutérocanoniques, aurait été composé à notre époque, alors que Jésus était déjà né[3].

 

Le livre de Tobie

Tobie a été écrit vers le début du IIe siècle av. J.C., en hébreu ou en araméen, mais le texte original était déjà complètement effacé à la fin du IIe siècle. Il nous reste la version grecque de la Septante, sous deux formes : une longue et une courte. Le Codex sinaiticus a une version plus longue que le Codex vatican et le Codex alexandrin. Le texte long est également contenu dans la Vetus latina : ce qui est important, car il est antérieur à saint Jérôme et nous transmet une version plus ancienne.

Le livre a été écrit alors que les Juifs étaient dispersés en diaspora et se trouvaient parmi les païens en Assyrie, à Ninive, considérée comme la capitale du péché et de l’arrogance. Dès lors, la comparaison avec un autre monde se pose, dans un contexte social, politique et religieux complètement différent et hostile. Toutefois, le peuple de Dieu, voulant préserver son identité, la cultive et l’approfondit. Bien sûr, le choc avec la société païenne est très fort, puisque les différences, les coutumes, la culture, la théologie et les traditions religieuses sont différentes. La société assyrienne est fondée sur le culte du pouvoir et de la violence, inacceptable pour la foi et la religiosité juive. C’est pourquoi la persécution, le ridicule, l’insolence, la calomnie, dont témoigne également la littérature grecque et latine ancienne, sont devenus traditionnels vis-à-vis des Juifs et ont ensuite été, en partie, dirigés sur les chrétiens.

This article is reserved for paid subscribers. Please subscribe to continue reading this article
Subscribe

 

 

 

Giancarlo Pani SJ

Recent Posts

« ALZAD LA MIRADA » (Jn 4,35) : Le voyage apostolique de Léon XIV en Espagne

Du 6 au 12 juin, le pape Léon XIV a accompli son quatrième voyage apostolique,…

1 mois ago

PAROLES D’ESPÉRANCE AU MILIEU DU DÉSESPOIR La lettre pastorale du Patriarche latin de Jérusalem

Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a publié sa première lettre pastorale le…

2 mois ago

JÜRGEN HABERMAS Penser au temps de la postmodernité

Le 14 mars 2026 est décédé, à l’âge de 96 ans, Jürgen Habermas (né le…

2 mois ago

FRANÇOIS D’ASSISE ET NOTRE PRÉSENT

Cette année marque les 800 ans du « bienheureux transitus » de saint François d’Assise, survenu le…

2 mois ago

LA PAROLE QUI CRÉE L’AMITIÉ : Le pape Léon XIV lit Dei Verbum

Les documents du Concile Vatican II figurent parmi les textes les plus invoqués de la…

2 mois ago

LÉON XIV AUX CANARIES « Sa défense des migrants trouvera un écho puissant »

Du 6 au 12 juin, le pape Léon XIV sera en Espagne pour son quatrième…

2 mois ago