MKN690 Nativity. Image shot 1912. Exact date unknown.
Dans sa contemplation de l’Incarnation dans les Exercices spirituels (ES), saint Ignace de Loyola imagine la Sainte Trinité contemplant le monde et l’humanité. Que voient les trois personnes divines, selon saint Ignace ? Une grande diversité : « de costumes et de visages : les uns blancs, les autres noirs ; les uns en paix, les autres en guerre ; les uns pleurant, les autres riant ; les uns sains, les autres malades ; les uns naissant et les autres mourant etc. » (ES 106). Les trois personnes divines voient également que « tous se précipitent en enfer » (ES 102) et, après avoir vu tout cela, elles prennent une décision : « accomplir » la rédemption de l’humanité, ou, pour reprendre les mots du chevalier de Loyola, « décrètent, dans leur éternité, que la deuxième Personne de l’auguste Trinité se fasse homme pour sauver le genre humain » (ES 102).
Noël trouve donc son origine dans une décision du Dieu un et trine. On pourrait dire que le salut de l’humanité trouve son origine dans un processus de discernement entre les Personnes divines : elles ont vu et elles ont décidé ! Et ce qu’elles ont vu et décidé « dans leur éternité » demeure actuel et réel aujourd’hui encore : notre immense diversité de cultures et de situations est touchée avec amour par le même désir salvifique, infini et inépuisable, de Dieu.
Et nous, à l’approche de Noël, quelle décision voulons-nous prendre ? Et comment nous y préparer ? Il nous faut regarder autour de nous, mais aussi au-delà de notre cercle immédiat. Étendons notre regard attentif aux Personnes divines et demandons-nous : aujourd’hui, où règne la paix et où sévit la guerre ? Qui pleure et qui rit ? Qui est en bonne santé et qui est malade ? Qui naît et qui meurt ? Ayant trouvé les réponses à ces questions, quelles décisions prenons-nous et quelles responsabilités, si modestes soient-elles, assumons-nous ?
Tout d’abord, accueillons de tout cœur la décision divine qui nous sauve. Rendons-la présente dans nos attitudes et nos choix, dans nos priorités réorganisées et nos critères révisés à la lumière de l’Évangile et de l’horizon éternel vers lequel nous sommes appelés. Oui, ce Noël est aussi notre décision. Dieu vient nous tenir compagnie, et nous, devenus frères et sœurs, décidons d’apporter Noël à ceux qui sont dans le deuil, à ceux qui sont en guerre, aux malades, aux mourants, aux plus pauvres, à ceux qui sont victimes de la haine ou de la vengeance. Décidons d’accepter l’appel du Christ à participer à sa mission de paix, de communion et de réconciliation. À tous, sans exception, il veut dire : « Je t’ai aimé » (Ap 3,9).
Enfin, prenons la résolution de maintenir notre engagement à identifier et à devenir des signes d’espérance, même après l’Année jubilaire qui s’achève, et de ne jamais oublier que « spes non confundit », « l’espérance ne déçoit pas » (Rm 5, 5). Ce n’est pas un hasard si le pape Léon XIV a intitulé sa récente lettre apostolique « Dessiner de nouvelles cartes d’espérance ».
Nous souhaitons à tous nos abonnés et lecteurs un joyeux Noël et une paisible année !
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